Bilan freelance

4 ans de freelance : ce que je garderais si je repartais de 0

Lorsque j’ai démarré mon activité freelance en août 2015, c’était un grand saut vers l’inconnu.

4 ans plus tard, lorsque je regarde dans le rétro, je trouve que le bilan est positif :

  • j’ai rapidement gagné ma vie, si bien qu’au bout d’un an j’arrivais au plafond de chiffre d’affaires d’auto-entreprise, et que je créais une EURL
  • j’ai acquis une liberté que je n’imaginais pas
  • je travaille sur des sujets qui m’intéressent, avec des gens que j’apprécie
  • je me sens plus épanouie dans ce que je fais

Tout n’a pas toujours été rose, c’est vrai. Pourtant, dans la balance, le positif l’emporte !

Pour vous inspirer, ou vous aider à tracer votre chemin vers l’épanouissement, j’ai eu envie de réfléchir.

Si je devais redémarrer aujourd’hui, qu’est-ce que je ferais pareil ? Qu’est-ce que je voudrais absolument faire différemment ?

 

Commençons par les erreurs que je ne voudrais pas reproduire !

 

Erreur 1 – Fixer des prix trop bas

Erreur classique de débutante. En deux temps.

 

D’abord lorsque j’ai voulu définir un tarif journalier, que j’allais appliquer pour mes propositions commerciales. Je me suis comparée aux autres, et j’ai pensé que comme je démarrais, je devais avoir un tarif plus bas, pour trouver des clients “malgré mon manque d’expérience”.

Remettons les choses dans le contexte : j’avais 29 ans, j’avais réalisé mes 3 dernières années d’études en alternance, puis j’avais travaillé dans plusieurs entreprises. 

De la bouteille, je commençais quand même à en avoir. Mais comme c’était en salariat, dans ma tête, ça ne comptait pas.

Ensuite, lorsque j’annonçais mes prix aux prospects, qui n’étaient pas élevés en comparaison des autres freelances aux compétences similaires, certains essayaient quand même de me faire baisser encore, en me demandant un geste.

Et dans la plupart des cas, je disais oui.

Cela a donné lieu à des collaborations avec des clients exigeants, qui m’en demandaient toujours plus, qui me réglaient en retard voire partiellement.

C’est d’ailleurs aussi l’expérience qu’a vécu Sonia, et dont elle témoigne dans l’un des précédents articles du blog : https://super-freelance.com/plus-grosse-erreur-de-freelance/.

Maintenant, j’assume mes tarifs.

 

Erreur 2 – Accepter de travailler avec tout le monde

Quand on démarre, on a tendance à croire que chaque client qui arrive est un privilège. Et c’était mon état d’esprit il y a 4 ans.

Il y a deux choses que j’aurais du faire, et qui ne me sont pas venues à l’esprit à l’époque.

1. J’aurais du nicher mon offre de services

J’étais claire dans ma tête et avec les prospects sur les compétences que je vendais : le référencement naturel et payant, et la mise en place et le suivi d’Analytics.

Pourtant, je n’avais pas identifié les secteurs d’activité que je voulais cibler.

Pourquoi c’était une erreur ?

Parce que du coup ça me plaçait dans une position attentiste : je ne pouvais pas mettre en place des actions pour toucher ma cible, puisque je n’avais pas identifié ma cible. Donc je n’avais pas “choisi” les prospects qui venaient à moi, et le bouche-à-oreille a mis du temps à se mettre en place.

2. J’aurais du filtrer les clients

Il m’est arrivé parfois d’échanger avec un prospect, et que je ressente que la mission ne serait pas épanouissante. 

Le courant ne passait pas avec le prospect.

Il faisait de la rétention d’informations.

Les objectifs étaient démesurés.

Je n’osais pas dire non, j’avais peur de manquer une opportunité.

Mais je n’avais pas trop envie que ça marche non plus.

Alors je faisais un pari. J’envoyais une proposition avec des prix un peu élevés, en me disant “ça passera jamais, et au moins si ça passe, je facture bien”.

Sauf que.

En général ça passait.

Et je me retrouvais à travailler sur un projet que je ne sentais pas et qui se passait rarement bien. Alors que l’argent n’a jamais été mon moteur, l’idée d’envoyer une grosse facture à la fin de prestation ne me motivait pas.

J’aurais du faire davantage à mon intuition, comme je le fais aujourd’hui.

Erreur 3 – Ne pas avoir le réflexe de proposer du suivi

Ne pas travailler avec les clients sur le long-terme, ça peut poser plusieurs types de problèmes.

  1. le client est livré à lui-même avec nos recommandations, et ne va pas forcément les mettre en place correctement —> pas de résultats, pas de satisfaction
  2. votre activité n’est pas pérenne, vous n’avez pas de visibilité, vous êtes stressé, vous consacrez beaucoup d’énergie à la prospection

Pourtant je n’osais pas forcément le proposer, car le prospect ne le demandait pas systématiquement.

Un consultant doit aller au-devant des besoins de ses prospects et clients, et proposer ce qui lui paraît pertinent, même si la demande n’a pas été formulée.

Erreur 4 – Continuer des collaborations bof

A plusieurs reprises, je me suis sentie essoufflée sur des missions :

  • le courant ne passait plus du tout avec le client
  • les objectifs ou les moyens à disposition avaient évolué
  • j’appliquais mes tarifs du début, alors que j’avais augmenté avec les autres, alors j’étais moins motivée

 

Pourtant j’ai continué.

Et à un moment donné, soit je me fais violence pour continuer à satisfaire le client, soit mon manque de motivation met en péril la qualité de mon travail, et donc ma relation avec mon client.

Je regrette d’avoir parfois laissé traîner ces situations, à la fois par peur de me couper d’une source de revenues, et par facilité, parce que la discussion qui s’imposait me mettait mal à l’aise…

Erreur 5 – Me laisser gagner par la gêne

On y arrive à ces fameuses fois où j’ai préféré rester dans une situation qui ne me convenait pas, pour éviter une conversation gênante.

C’est vrai qu’on dit “là où il y a de la gêne, il n’y a pas de plaisir”, mais j’ai aussi entendu que notre succès dépend des discussions gênantes qu’on est prêt à avoir.

Lorsqu’on est à son compte, c’est important de s’exprimer, et mettre fin aux situations inconfortables par la discussion.

C’est quelque chose qui s’apprend, qui prend du temps.

 

Il y a aussi des choses dont je suis fière, et qui ont bien fonctionné !

 

Victoire 1 – Travailler mon réseau grâce aux événements

Mon réflexe quand j’ai démarré, c’était que je devais connaître plus de monde. Je m’étais installée à Lyon quelques mois avant, après avoir passé plusieurs années à Paris et au pays de la frrrite, du coup mon réseau n’était pas énorme.

J’ai décidé d’aller à des événements pour entrepreneurs, histoire de rencontrer des clients potentiels.

J’ai rapidement compris que certains événements étaient plus intéressants pour moi. Il s’agit  de ceux qui rassemblaient les freelances. Et comme Malt recherchait quelqu’un pour organiser l’édition lyonnaise de son afterwork mensuel, je me suis portée volontaire !

Avoir un solide réseau de freelances m’apporte environ ⅔ de mon chiffre d’affaires, c’est donc là-dessus que j’axerais mes efforts si je démarrais aujourd’hui !

 

Victoire 2 – Faire du coworking

Dans une ville où je ne connaissais pas grand-monde, l’idée de m’inscrire dans un espace de coworking m’est rapidement venue.

J’y étais quelques demi-journées par mois, et ça m’a apporté beaucoup :

  • un endroit où travailler quand j’étais trop distraite chez moi
  • un réseau qui m’a amené des contacts et même quelques clients
  • une équipe pour jouer au badminton

 

Je ne fais plus de coworking aujourd’hui car j’adore travailler de chez moi, mais ça a été un vrai booster quand j’ai démarré.

 

Victoire 3 – Construire de vraies propositions commerciales

J’ai toujours pris la peine d’envoyer des documents de plusieurs pages à mes prospects, pour leur présenter mes propositions, et non un simple devis.

C’est une habitude héritée de mon passé de salariée, pendant lequel j’ai travaillé avec des clients du CAC 40 ou publics, pour lesquels les process et la forme sont importants.

Grâce à cet effort, j’ai convaincu environ la moitié des prospects de travailler avec moi. Sans aucun doute, si je repartais de 0, je conserverai cette habitude !

D’ailleurs, pour vous aider, j’ai créé un modèle de proposition commerciale, que vous pouvez télécharger, puis le personnaliser :

 

Victoire 4 – Déléguer pour ne pas être sous l’eau

Il m’est arrivé certains mois d’avoir une charge de travail pharaonique.

Parce que des missions s’étaient décalées dans le temps, que je tenais vraiment à travailler sur certains projets.

 

J’avais 4 choix :

  • je disais finalement non à certaines missions pour lesquelles je m’étais engagée
  • je ne disais rien mais je m’apprêtais à rendre des travaux en retard
  • je travaillais 12h par jour pendant un mois, en fournissant forcément un travail de mauvaise qualité car le cerveau humain n’est pas fait pour ça
  • je confiais une partie du travail à quelqu’un de confiance, pour soulager ma charge de travail et donner satisfaction à mes clients

 

J’ai choisi la 4e possibilité, et j’ai délégué à un freelance de confiance une partie de mon travail pour que ces périodes se passent au mieux.

C’est difficile de trouver quelqu’un qui travaille avec les mêmes méthodes que nous, et même dans ce cas, cela demande quand même de l’implication, car c’est nous qui sommes le garant du travail effectué

Pourtant, c’est un bon moyen de se remettre en question, d’apprendre à “processiser” notre travail, et de traverser des périodes très chargées.

D’ailleurs, j’ai publié une vidéo sur le sujet :

Victoire 5 – Prendre de vraies vacances

Les moments de déconnexion que je m’accorde dans l’année, me sont vraiment indispensables.

Je n’en ai pas pris pendant ma première année, et lorsque j’y ai goûté, j’ai pris cette habitude, 2 à 3 fois dans l’année, de couper quelques jours.

Alors bien sûr, quand on est à son compte, on n’est jamais trop loin de ses clients, et pendant ces périodes, je consulte ma boîte mail 2-3 fois dans la semaine. Mais je fais en sorte d’être sollicitée le moins possible pendant mes vacances, en anticipant cette période avec mes clients.

Je reviens super motivée et vraiment reposée, et c’est indispensable pour continuer à m’épanouir sur le long-terme.

 

Victoire 6 – Travailler avec des acomptes

Demander un acompte avant de démarrer une collaboration avec un nouveau client a plusieurs vertus :

  • cela permet de s’assurer que le client a de la ressource financière
  • cela montre la bonne volonté du client et son implication
  • en cas de litige en fin de mission, on est au moins certain qu’une partie du montant est réglée

 

C’est quelque chose que je n’ai pas mis en place tout de suite, car j’avais peur que ce soit perçu comme un manque de confiance, pourtant c’est un procédé très courant et aucun de mes clients n’a été surpris.

Aujourd’hui, je ne démarre pas de mission sans le versement d’un acompte de 50%.

 

Victoire 7 – Travailler mon personal branding

En produisant du contenu vidéo et écrit, je me suis forgée une réputation auprès de prospects potentiels. 

Ils ont compris les services que je proposais, ma façon de fonctionner et ma personnalité, avant d’entrer en contact avec moi. Donc quand ils venaient à moi pour échanger sur une mission, ils étaient déjà convaincus de leur envie de travailler avec moi ! Beaucoup plus facile de les transformer en clients 😉

 

Victoire 8 – Stopper les missions chiantes

Je l’expliquais plus tôt dans cet article : j’ai plusieurs fois tardé à mettre fin à des missions qui ne me faisaient plus du tout vibrer.

Je suis contente d’avoir évolué sur cet aspect de ma vie de freelance, et même de ma “personnalité” d’entrepreneuse.

Aujourd’hui, lorsqu’une collaboration me cause plus de stress ou d’agacement que de satisfaction personnelle, je prends le taureau par les cornes, et je fais part au client de mon souhait de mettre fin à notre partenariat.

Je fais en sorte de proposer des solutions alternatives, et ça se passe toujours bien.

 

Victoire 9 – Garder les méthodes que j’avais apprises

Etre passée en agence, et avoir présenté des livrables à des institutions et des entreprises du CAC m’avait appris l’art de la forme, et l’attachement à proposer des documents pédagogiques qui mettent en valeur mon travail.

J’ai toujours voulu garder cette habitude, car mettre mon travail et ses résultats en valeur me permet de conserver mes clients sur la durée.

 

Victoire 10 – Demander pourquoi on ne me choisit pas

Il arrive parfois qu’un prospect n’accepte pas ma proposition commerciale.

(désolée, je suis en train d’adopter un chaton, c’est le GIF que j’ai trouvé le plus mignon pour illustrer ma réaction quand un prospect me dit non)

Je tâche de toujours rebondir à son message pour deux raisons :

  • je veux lui laisser une image positive – et j’ai constaté que ça paye car plusieurs fois, un prospect qui n’avait pas concrétisé au départ me recontacte quelques mois plus tard
  • je cherche à savoir pour quelle raison je n’ai pas été choisie : ça me permet de mieux comprendre mes prospects, et d’améliorer mes futures propositions

 

Je suis persuadée que si je refais le bilan dans 4 ans, j’aurai le sentiment d’avoir fait de nouvelles erreurs. Et c’est normal : être freelance, c’est apprendre au fil du temps, et s’améliorer chaque jour !

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Freelance - les choses à faire pour réussir

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